Podcast – Loïc Cabanac : un rêve devenu réalité

Podcast – Loïc Cabanac : un rêve devenu réalité

10 juin 2026
Philippe Cornet

Il y a des victoires qui dépassent largement le simple résultat sportif. Celle de Loïc Cabanac en fait partie. À seulement 25 ans, ce kinésithérapeute passionné de montagne est devenu finisher du Tor des Géants, l’un des ultra-trails les plus difficiles au monde avec ses 340 kilomètres et 24 000 mètres de dénivelé positif. Pourtant, quelques années plus tôt, rien ne le destinait à un tel exploit. Privé de sport pendant une grande partie de son enfance à cause d’une maladie, il a dû reconstruire son corps et son mental avant de réaliser le rêve qu’il s’était fixé devant un reportage sur la Diagonale des Fous. Son histoire est celle d’une résilience exceptionnelle, où l’échec, la préparation mentale et la persévérance ont fini par ouvrir les portes de l’une des plus grandes aventures de l’ultra-endurance.

Découvrez l’interview complète de Loïc Cabanac sur Püls

Dans cette interview, Loïc revient notamment sur :

  • son enfance marquée par la maladie ;
  • son parcours vers l’ultra-trail ;
  • son abandon sur la Diagonale des Fous 2023 ;
  • son retour victorieux en 2024 ;
  • les coulisses du Tor des Géants ;
  • le rôle déterminant de la préparation mentale ;
  • sa vision de la douleur, de la performance et du dépassement de soi.

Quand un rêve d’enfant devient une aventure hors norme

À seulement 25 ans, Loïc Cabanac possède déjà un parcours qui dépasse largement le cadre du sport. Aujourd’hui kinésithérapeute, passionné de montagne et d’ultra-endurance, il vient de réaliser l’un des défis les plus exigeants au monde : terminer le mythique Tor des Géants, une course de 340 kilomètres et 24 000 mètres de dénivelé positif à travers les Alpes italiennes.

Pourtant, rien ne le prédestinait à une telle aventure.

Une enfance marquée par la maladie et l’interdiction de pratiquer le sport

Pendant une grande partie de son enfance et de son adolescence, Loïc doit composer avec une ostéochondrite disséquante, une pathologie qui l’éloigne durablement du sport. Plâtres, immobilisations et douleurs chroniques rythment son quotidien.

Alors que beaucoup découvrent le plaisir de courir ou de pratiquer une activité physique, lui observe les exploits des grands sportifs à travers les documentaires et les reportages.

C’est d’ailleurs devant sa télévision que naît son ambition.

En regardant un reportage consacré à la Diagonale des Fous, il entend son père déclarer :

« Ces gars-là, ce sont des machines. »

Une phrase qui le marque profondément. À cet instant, il se fait une promesse silencieuse : un jour, lui aussi deviendra capable de relever ce type de défi.

Une reconstruction progressive grâce au sport

Après sa guérison, Loïc découvre progressivement la course à pied. D’abord sur de courtes distances, puis sur des trails toujours plus longs. Très vite, il développe également une passion pour le vélo, l’alpinisme et les aventures en montagne.

En 2022, il franchit une première étape importante en prenant le départ du Marathon du Montcalm (40 km et 2 750 mètres de dénivelé positif). Cette expérience lui permet de prendre conscience de son potentiel, mais aussi du travail nécessaire pour progresser dans l’univers de l’ultra-trail.

Les années suivantes sont consacrées à l’apprentissage, à l’entraînement et à l’accumulation d’expérience.

Jusqu’à la Diagonale des Fous.

La Diagonale des Fous 2023 : un abandon qui change tout

Comme beaucoup d’ultra-traileurs, Loïc découvre rapidement que l’ultra-endurance ne repose pas uniquement sur les qualités physiques.

Lors de sa première participation à la Diagonale des Fous en 2023, il est contraint d’abandonner.

Avec du recul, il explique aujourd’hui que ce n’est pas son corps qui a cédé, mais plutôt tout ce qui l’accompagnait : son histoire personnelle, ses doutes et certaines blessures invisibles.

Cet abandon devient alors un véritable tournant.

Il décide de travailler avec une préparatrice mentale afin de mieux comprendre ses mécanismes internes et d’apprendre à gérer les moments de crise qui surviennent inévitablement sur les courses les plus longues.

Le retour victorieux sur la Diagonale des Fous

Un an plus tard, Loïc revient à La Réunion avec une approche totalement différente.

Cette fois, il parvient à franchir la ligne d’arrivée en 55 heures et devient officiellement finisher de la course qui l’avait fait rêver lorsqu’il était enfant.

Un accomplissement immense.

Mais pour lui, ce n’est pas encore une finalité.

Le Tor des Géants : un défi au-delà de la performance

Après la Diagonale des Fous, Loïc choisit de s’attaquer à l’un des monuments de l’ultra-trail mondial : le Tor des Géants.

Le programme donne le vertige :

  • 340 kilomètres ;
  • 24 000 mètres de dénivelé positif ;
  • des cols culminant à plus de 3 000 mètres d’altitude ;
  • plusieurs nuits sans sommeil ;
  • des conditions météorologiques parfois extrêmes.

Très rapidement, la course prend des allures d’expédition.

Neige, grêle, vent violent, fatigue extrême, hallucinations et entorses de cheville viennent compliquer son aventure. À plusieurs reprises, l’abandon semble inévitable.

L’un des moments les plus difficiles survient à Perloz, après plus de 150 kilomètres de course, lorsqu’il touche ce qu’il décrit lui-même comme « le fond ».

Grâce au travail réalisé avec son équipe de confiance, sa préparatrice mentale Nathalie, Vanessa, Laurent, ainsi qu’au soutien constant de sa maman et de sa compagne, il trouve les ressources nécessaires pour continuer.

Puis survient un phénomène inattendu.

Après près de 200 kilomètres d’effort, alors qu’il ne court quasiment plus, il commence à ressentir du plaisir. Comme si une seconde course débutait. Comme si le véritable objectif du Tor des Géants n’était plus d’aller vite, mais simplement d’être pleinement présent dans l’instant.

« Un rêve de géant » : son aventure racontée au cinéma

L’exploit de Loïc Cabanac ne s’est pas arrêté à la ligne d’arrivée.

Son aventure fait également l’objet d’un documentaire intitulé « Un rêve de géant », réalisé et produit par Sébastien Courbet.

À travers des images tournées au cœur de l’épreuve, le film plonge le spectateur dans l’intensité physique et émotionnelle d’un défi hors normes. Entre moments de doute, instants de grâce, fatigue extrême et soutien de l’entourage, le documentaire retranscrit avec authenticité ce que représente une aventure de plusieurs jours sur l’une des courses les plus difficiles au monde.

Présenté lors du Nature Trail Film Festival Tour 2026, le documentaire a rencontré un fort écho auprès du public en remportant le Prix du Public, récompensant la force du récit et l’émotion transmise à l’écran.

Une leçon de résilience

Au-delà des kilomètres parcourus, l’histoire de Loïc Cabanac est avant tout celle d’une transformation :

  • d’un enfant auquel le sport était interdit.
  • d’un adolescent qui rêvait devant les exploits des autres.
  • d’un jeune homme qui a appris à apprivoiser la douleur, l’échec et ses propres limites pour réaliser ses ambitions.

Son parcours rappelle que les plus grandes victoires ne se mesurent pas toujours en temps ou en classement. Certaines se mesurent simplement à la capacité de continuer à avancer lorsque tout pousse à abandonner.

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