BRC x TSP 26 — « On pensait finir en 40 heures » : le BRC raconte The Speed Project

BRC x TSP 26 — « On pensait finir en 40 heures » : le BRC raconte The Speed Project

30 octobre 2026
Anthony Ricatti

Six coureurs du Biarritz Running Club ont relié Chamonix à Marseille en 53 heures sur The Speed Project 2026. 520 bornes, 10 000 m de D+, trois checkpoints, un parcours libre. On a échangé avec Martin, leader de l’équipe, qui nous a tout raconté sans filtre.

Le crew :

  • Coureurs : Tiffanie, Martin, Mickael, Océan, Emma, Dylan
  • Drivers : Anaïs, Mégane
  • Prod visuelle : @eugeniemed (vidéo), @jestipiti (photos)

L’aventure en vidéo

L’interview

PÜLS — The Speed Project, c’est quoi, pour ceux qui découvrent ?

BRC — Une course d’équipe en relais initialement créée aux États-Unis, puis déclinée dans d’autres pays. La première version française relie Chamonix à Marseille. Pas de tracé imposé : l’orga te donne trois checkpoints et, entre chaque, tu passes où tu veux.

Quelle a été votre stratégie ?

On est partis sur le format freestyle, qui n’imposait pas de nombre défini de coureurs. De notre côté, on était 6 : 4 mecs et 2 filles.

On est partis sur une organisation à 2 voitures avec trois coureurs dans chacune. Une équipe avale une dizaine de bornes, puis passe la main à l’autre voiture. Pendant ce temps, l’équipe au repos mange, s’étire et dort. En théorie.

Au global, cette organisation nous a un peu porté préjudice, avec un temps de repos un peu léger et la création de 2 équipes de 3 au sein de notre propre crew. Ce n’était pas toujours idéal pour l’esprit d’équipe global.

Il n’y a qu’en faisant qu’on apprend !

BRC x TSP 26

Côté matos, vous partiez avec quoi ?

On était équipés ! Des Shokz pour garder du son dans les oreilles sans se couper de la route. Les New Balance SC Rebel et SC Trail aux pieds en fonction du terrain, et des chaussettes Gump, parce qu’à 520 bornes, les chaussettes ne sont plus un détail.

Niveau nutrition, on a compté sur Pyrene pour rester rassasiés entre deux relais. Et des lunettes Izipizi pour encaisser le soleil du PACA, qui nous attendait au tournant après la douche de Chamonix.

Départ à 4h du matin devant l’église de Chamonix. Vous aviez commandé la pluie ?

Non, elle était offerte. Des trombes d’eau dès le départ. Ça nous a tout de suite mis dans le bain !

Premier checkpoint, Cormet d’Arêches. Il paraît qu’Océan est parti sans GPS ?

Zéro réseau là-haut, donc pas le choix. Océan est parti à l’ancienne, au feeling. Il est revenu. On considère ça comme une première victoire d’équipe.

BRC x TSP 26

Vous êtes arrivés au col du Glandon le samedi à 21h30. Peux-tu nous parler de ce passage ?

La nuit tombait et on voulait atteindre le checkpoint avant le noir. Le col du Glandon se situe à 1 922 m d’altitude et on savait qu’on allait devoir enchaîner sur une belle descente une fois là-haut.

Du coup, on a cassé le système avec un relais à six et des changements tous les 600 m à 1 km.

S’il fallait garder un moment pivot de votre aventure, ce serait lequel ?

Le petit-déj au village de Corps après la première nuit, au bord du lac du Sautet, face au Dévoluy. Ce café signait la sortie officielle de la section trail. Derrière, une nouvelle course sur route commençait, avec Gap comme prochaine étape.

Votre meilleure sieste a eu lieu dans un McDo, c’est vrai ?

McDo de Gap. Sept minutes chrono, deux heures ressenties. On ne sait pas ce qu’ils mettent dans les sundaes, mais on milite pour en faire un ravito officiel.

Le meilleur spot food du parcours ?

Sisteron, sans débat. Les meilleures pizzas provençales, c’est là. Même si, à ce niveau de fatigue, nos papilles étaient peu fiables, je pense.

Parlons-en du sommeil, vous avez géré ça comment ?

C’était clairement notre gros point faible… Le premier jour, l’adrénaline masque tout. Le deuxième, la facture tombe.

La deuxième nuit, avec ses petits cols qui s’enchaînent, on a activé le mode zombie. En réalité, entre la pluie du premier jour et notre organisation à 2 voitures, ça a été un peu compliqué de s’octroyer de vraies pauses allongées.

La prochaine fois, on optimisera beaucoup mieux ce point-là.

Vous visiez combien de temps à la base ?

Environ 40 heures. Au final, on en a mis 53.

À quelques kilomètres de l’arrivée, vous avez perdu quelqu’un ?

Tiffanie. Volatilisée dans Marseille. Mais on l’a vite retrouvée. Elle était avec Henri, qui nous retrouvait pour les derniers kilomètres.

Et l’arrivée alors ?

Sous le soleil, enfin. Sur la plage. Enfin… pas la bonne plage.

L’organisation du TSP nous a demandé de refaire notre arrivée au bon endroit. Heureusement, on est de bons acteurs : la deuxième était encore plus émouvante que la première.

BRC x TSP 26

Un conseil aux clubs qui veulent se lancer ?

Planifiez votre sommeil comme vos relais. Ajoutez 30 % au temps que vous imaginez. Et repérez la plage d’arrivée avant d’y sprinter.

Fiche technique

BRC x TSP 26
DépartÉglise de Chamonix, 4h du matin
ArrivéeMarseille, plage du Prado
DistanceEnviron 520 km
Dénivelé10 000 m D+
Temps53 h (objectif : 40 h)
CheckpointsCormet d’Arêches, col du Glandon (1 922 m), arrivée à Marseille
Équipe6 coureurs, 2 voitures de 3
FormatRelais d’une dizaine de km par équipe
Meilleure sieste7 min, McDo de Gap
Meilleure pizzaSisteron

Merci

Un grand merci à nos partenaires Shokz, New Balance, Gump, Pyrene, Izipizi et Püls de nous avoir soutenus.

Merci également à tous les membres du BRC qui nous ont encouragés pendant la course.

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