Pascal Pich – Un Ironman à 52 mètres sous terre

Pascal Pich – Un Ironman à 52 mètres sous terre

30 octobre 2025
Grégory Julien Baron

À 61 ans, Pascal Pich n’a plus rien à prouver. Et pourtant, il continue d’enchaîner les défis les plus fous.

Cinq fois champion du monde d’ultra-triathlon, des records à la pelle, et une vie entière consacrée à tester les limites du corps humain. Mais cette fois, il est allé encore plus loin… ou plutôt, plus bas.

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Pascal Pich - Un Ironman à 52 mètres sous terre

Pascal Pich – Un champion pas comme les autres

Son dernier exploit ? Boucler un Ironman complet dans une grotte, à 52 mètres sous terre, dans la mythique grotte de la Cocalière, dans le Gard.

Un décor de 35 millions d’années, une température de 12 °C, et une atmosphère pauvre en oxygène. Autant dire, un environnement tout sauf accueillant.

Les visiteurs venus admirer les stalactites ont eu droit à un spectacle inattendu. Devant leurs yeux ébahis, Pascal Pich nageait contre le courant artificiel d’un bassin minuscule.

« On m’avait vendu de l’eau chaude ! » lâche-t-il en riant, les lèvres bleues, en sortant de l’eau glacée.

Ce défi hors normes a été suivi par les caméras de TF1, qui ont immortalisé cette journée de folie. Au programme : 3,8 km de natation, 180 km de vélo, et 42 km de course à pied.

Le tout dans une grotte humide, sombre, et confinée. Un décor digne d’un film d’aventure… ou d’un cauchemar sportif.

Le goût de la douleur

Mais pour Pascal, ce genre de défi est presque une routine. En 2000, il avait déjà bouclé 10 Ironmans consécutifs. Alors, forcément, un Ironman sous terre, c’est juste un cran de plus.

« Quand j’ai mal, je me sens vivant », confie-t-il, un rictus au coin des lèvres. « Le mental, c’est savoir ne pas penser à la douleur. À un moment, il faut se mettre dans une bulle, penser à autre chose… à sa liste de courses, par exemple. »

Le sportif traîne pourtant une entorse à la cheville, contractée la veille à l’entraînement. Mais pas question de renoncer. Le mental avant tout.

Car, comme il aime le répéter : « La douleur n’est qu’une information. »

Une vocation née très jeune

Chez Pascal, le goût de l’effort ne date pas d’hier. À 15 ans, il décrochait déjà sa ceinture noire de judo, son premier record de précocité.

« Tout petit, je disais que je voulais être champion du monde », raconte-t-il. « Mon père me disait que j’étais feignant et que je ne ferais rien. Aujourd’hui, ça me fait sourire. »

Et pourtant, son parcours n’a rien d’un long fleuve tranquille. Derrière les exploits, il y a des blessures invisibles.

Le sport comme refuge

En 1983, à seulement 19 ans, Pascal est infirmier volontaire pendant la guerre du Liban. Une bombe explose, faisant 58 morts. Il en réchappe, mais reste marqué à vie.

« J’ai ramassé beaucoup de copains dans un sale état. Ce n’était pas beau à voir », confie-t-il avec pudeur. Depuis, il court pour survivre. « Quand je ne fais pas de défis, les mauvais souvenirs reviennent. Le sport est mon médicament. »

C’est un mécanisme de survie, une thérapie par la souffrance. Là où d’autres fuiraient la douleur, lui la cherche, pour la dompter.

Pascal Pich - Un Ironman à 52 mètres sous terre

Pascal Pich – Discipline de moine-soldat

Après 17 ans dans la police et aujourd’hui réserviste de la Légion étrangère, Pascal garde une rigueur militaire. Son quotidien est réglé comme une horloge.

Deux séances d’entraînement par jour, deux jours de repos par semaine, et parfois, des nuits blanches pour habituer son corps au manque de sommeil.

Le tout sur les routes de l’arrière-pays nîmois. Un mode de vie spartiate, mais nécessaire pour affronter ses défis hors norme.

L’Ironman de la Cocalière – Un exploit solidaire

Après 5 h 30 passées dans la grotte, Pascal entame le marathon final. Sa cheville gonflée l’empêche de courir, alors il marche vite, sur un tapis de course installé au fond de la cavité.

Son objectif n’est pas seulement sportif. Comme à chaque défi, il court pour une cause. Cette fois, c’est la recherche contre la rétinite pigmentaire, une maladie rare qui provoque la cécité.

Après 9 h 44 min d’effort, il franchit la ligne d’arrivée imaginaire, sous les applaudissements des quelques visiteurs médusés.

« On n’est pas mal. Ça motive pour les prochains », sourit-il, modeste.

Mais la dernière épreuve l’attend encore : remonter les 152 marches vers la surface. Ironique, quand on vient de boucler un Ironman à 52 mètres sous terre.

Pascal Pich – Un exemple de résilience

Pascal Pich n’est pas qu’un sportif d’exception. Il est la preuve vivante que la volonté peut vaincre la peur, la douleur et le temps.

À 61 ans, il continue de repousser les limites, non pas pour la gloire, mais pour exorciser les fantômes du passé et inspirer les autres.

Sous terre, dans le froid, dans la souffrance, il trouve sa lumière. Et montre que, parfois, le plus grand des triathlons se joue à l’intérieur de soi.


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