Test réalisé par Henri Chevalier – @areyoudany
Avec l’Endorphin Elite 3, Saucony pousse encore plus loin son concept de supershoe. Légère, équipée d’une plaque carbone et dotée de deux couches de mousse incrediRUN™, elle affiche clairement ses ambitions : aller vite, très vite.
Mais cette débauche de technologie a aussi une contrepartie. La chaussure demande du rythme, une foulée solide et suffisamment de maîtrise pour exploiter son potentiel.
Après une soixantaine de kilomètres, Henri Chevalier nous livre son verdict. Et pour lui, l’Endorphin Elite 3 pourrait bien devenir une arme redoutable sur 10 km.
Preview – Saucony Endorphin Elite 3
Présentation de la marque Saucony
Fondée aux États-Unis à la fin du XIXe siècle, Saucony possède une longue histoire dans l’univers du running. La marque s’est notamment forgé une solide réputation grâce à ses chaussures destinées aussi bien à l’entraînement quotidien qu’à la compétition.
Ces dernières années, la gamme Endorphin est devenue l’une des vitrines technologiques de Saucony.
Speed, Pro et Elite proposent cependant des philosophies différentes. Avec l’Endorphin Elite 3, la marque place le curseur au maximum du côté de la performance.
Présentation de la Saucony Endorphin Elite 3
L’Endorphin Elite 3 représente aujourd’hui le modèle le plus poussé de la gamme route Saucony.
Sur la balance, elle affiche seulement 204 g en pointure 42 homme. À titre de comparaison, Henri relève 206 g pour l’Endorphin Pro 5 et 237 g pour l’Endorphin Speed 5.
Malgré cette légèreté, Saucony conserve un stack important. La chaussure affiche 39,5 mm au talon et 31,5 mm à l’avant-pied, soit un drop de 8 mm.
La semelle intermédiaire associe deux couches de mousse incrediRUN™. Une plaque carbone fendue complète l’ensemble et participe au retour d’énergie lorsque le rythme augmente.
Fiche technique
| Caractéristique | Saucony Endorphin Elite 3 |
|---|---|
| Type | Chaussure route compétition |
| Usage | 5 km, 10 km, semi-marathon |
| Poids | 204 g en taille 42 homme |
| Drop | 8 mm |
| Stack | 39,5 mm / 31,5 mm |
| Mousse | Double couche incrediRUN™ |
| Plaque | Carbone fendue |
| Semelle extérieure | PWRTRAC |
| Tige | Maille élastique |
| Prix | 320 € |
Review – Saucony Endorphin Elite 3
Premières impressions
Le premier contact avec l’Endorphin Elite 3 passe par sa tige.
Sa maille élastique épouse directement le pied et procure une véritable sensation de seconde peau. L’encolure élastique prolonge cette construction et participe au maintien.
Une fois debout, la mousse incrediRUN™ se fait immédiatement sentir. Elle apparaît particulièrement moelleuse au niveau du talon. À l’avant-pied, Henri perçoit en revanche une légère différence de densité.
Cette sensation donne déjà un indice sur le comportement de la chaussure. L’Endorphin Elite 3 semble vouloir favoriser une attaque plus avancée.
Les conditions du test
Henri a parcouru environ 60 kilomètres avec l’Endorphin Elite 3.
Il l’a notamment poussée sur des allures proches de 4’05 à 4’00/km, puis à des rythmes plus rapides. Des conditions particulièrement intéressantes pour comprendre à quel moment cette supershoe commence réellement à dévoiler son potentiel.
La comparaison avec les Endorphin Speed 5 et Pro 5 permet également de mieux cerner son positionnement au sein de la gamme.
Une chaussure qui modifie naturellement la foulée
Dès les premières foulées, le caractère de l’Elite 3 apparaît.
La chaussure est légère et le rebond se montre immédiatement perceptible. Surtout, elle amène naturellement Henri vers une attaque avant-pied, alors qu’il court habituellement davantage sur le médio-pied.
À faible allure, ce comportement peut surprendre. Mais dès que la vitesse augmente, tout devient plus cohérent.
La géométrie, la mousse et la plaque carbone commencent alors à fonctionner ensemble.
À haute vitesse, l’Endorphin Elite 3 se révèle
Autour de 4’05 à 4’00/km et en dessous, le comportement change nettement.
La foulée s’allonge. La cadence augmente. Surtout, le retour d’énergie devient beaucoup plus perceptible.
La plaque carbone fendue accompagne efficacement la poussée. De son côté, la sensation plus ferme ressentie à l’avant-pied participe à cette impression de propulsion.
Le résultat donne constamment envie de relancer.
C’est certainement l’une des grandes qualités de cette Elite 3. Son rebond reste confortable tout en apportant suffisamment d’énergie pour inciter le coureur à maintenir un rythme élevé.
Une stabilité qui demande de la vitesse
Cette Endorphin Elite 3 possède néanmoins une particularité importante : elle demande de l’engagement.
Son stack élevé et ses mousses très souples peuvent créer une sensation d’instabilité lorsque le rythme diminue fortement. À la marche, Henri compare même la sensation à celle d’un « chewing-gum ».
En revanche, la chaussure gagne en cohérence lorsque la vitesse augmente.
Pour Henri, il faut donc posséder suffisamment de pied et être capable de maintenir certaines allures pour profiter pleinement du modèle.
À l’image d’un vélo de compétition, l’Elite 3 fonctionne mieux lorsqu’on lui apporte de la vitesse.
PWRTRAC : efficace sur le sec, plus délicat sous la pluie
La semelle extérieure PWRTRAC se montre convaincante sur route sèche.
L’association du caoutchouc et du carbone offre une accroche rassurante dans ces conditions. Cependant, Henri a relevé une légère perte d’adhérence sur les pavés mouillés et le bitume détrempé.
Pour des sorties sous la pluie, il accorde ainsi davantage de confiance à l’Endorphin Pro 5.
C’est un élément à prendre en compte avant une compétition annoncée humide.



Un chaussant proche du pied
La construction très ajustée participe directement aux sensations de performance.
La tige épouse parfaitement le pied et renforce cette impression de légèreté. Cependant, ce fit peut également devenir une contrainte pour certains coureurs.
Henri recommande ainsi d’envisager une demi-pointure supplémentaire par rapport aux Endorphin Speed ou Pro.
Un essayage avant achat paraît donc particulièrement pertinent, surtout avec un tarif affiché à 320 €.
5 km, 10 km ou semi-marathon : où est-elle la meilleure ?
Sur le papier, l’Endorphin Elite 3 peut accompagner les coureurs sur plusieurs distances.
Selon Henri, elle prend véritablement son sens pour les coureurs capables d’évoluer autour des 40 minutes ou moins sur 10 km.
Dans la pratique, son caractère exigeant la destine surtout aux runners capables de maintenir des allures élevées.
Sur 5 ou 10 km, sa légèreté, son rebond et son caractère agressif deviennent de véritables atouts.
Le semi-marathon reste envisageable pour les coureurs suffisamment solides. En revanche, Henri privilégierait personnellement une chaussure moins exigeante sur cette distance et, plus encore, sur marathon.
Avis global – Saucony Endorphin Elite 3
L’Endorphin Elite 3 porte finalement très bien son nom.
Saucony propose ici une supershoe sans véritable compromis. Elle est légère, très rebondissante et particulièrement plaisante lorsqu’on possède la vitesse nécessaire pour l’exploiter.
Mais elle ne conviendra pas à tout le monde.
Son stack élevé, ses mousses très souples et son comportement agressif réclament une foulée suffisamment solide. À faible allure, la stabilité peut rapidement devenir plus délicate.
Après environ 60 kilomètres, le verdict d’Henri est pourtant clair : l’Endorphin Elite 3 devient son choix privilégié pour courir un 10 km.
Points forts
- Légèreté remarquable avec seulement 204 g en taille 42.
- Excellent retour d’énergie à haute vitesse.
- Rebond qui donne constamment envie de relancer.
- Confort préservé malgré son orientation compétition.
- Tige très légère avec une véritable sensation de seconde peau.
- Comportement particulièrement convaincant sur 5 et 10 km.
Axes d’amélioration
- Stabilité exigeante lorsque l’allure diminue.
- Adhérence perfectible sur route ou pavés mouillés.
- Chaussant très proche du pied.
- Modèle exigeant pour les longues distances.
- Tarif élevé de 320 €.
Conclusion
La Saucony Endorphin Elite 3 ne cherche pas à devenir une chaussure de compétition universelle. Elle s’adresse avant tout aux coureurs rapides capables d’exploiter son caractère.
À haute vitesse, elle dévoile tout son potentiel. Le rebond est généreux, la plaque carbone accompagne efficacement la propulsion et son faible poids favorise les changements de rythme.
En revanche, ralentir révèle rapidement son exigence. La stabilité diminue et la mousse très souple demande davantage de contrôle.
Pour Henri, le constat est donc simple après une soixantaine de kilomètres : sur 10 km, l’Endorphin Elite 3 est devenue sa chaussure de choix. Sur semi-marathon ou marathon, il préférerait cependant un modèle plus tolérant.
Une supershoe spectaculaire lorsqu’elle rencontre le bon coureur… et surtout la bonne allure.

