Atlas Marathon – Au cœur de la vallée heureuse

Atlas Marathon – Au cœur de la vallée heureuse

20 octobre 2025
Anthony Ricatti

Atlas Marathon – La vallée heureuse se dévoile peu à peu à mesure que nous l’approchons. Gardienne de l’Histoire et du temps qui passe, elle semble immuable.

Il faut cinq heures de route pour rallier Marrakech à Aït-Bouguemez, point de départ de l’Atlas Marathon.

Les montagnes du Haut Atlas central marocain nous encerclent ; ce sont elles qui commandent ici.

Nous savons que l’aventure ne sera pas simple : nos corps n’ont jamais affronté l’altitude. C’est quitte ou double.

Le voyage est rendu possible grâce à PÜLS et à son partenariat avec l’organisation de la course. Nous avons une chance incroyable d’être là, de vivre ça.

VLOG What the Run – Atlas Marathon

Atlas Marathon – Après Angkor, une nouvelle aventure

Après les 100 km d’Angkor, au Cambodge, en janvier dernier, nous avions envie de repartir vers d’autres horizons.

Découvrir un nouveau territoire, une autre histoire.

Vivre l’humain dans son authenticité, sa convivialité, son humilité et sa solidarité.

Ça tombe bien : ces quatre mots sont justement les mantras de l’organisation.

Bien que le départ des courses ait lieu le week-end, c’est dès le vendredi que l’aventure commence.

Raja, une amie de la famille de l’organisateur (Haddou), nous raconte son histoire et son engagement ici dans la Vallée. Ce moment sera déterminant : il nous mènera là où nous irons le lendemain.

Atlas Marathon

L’École vivante

Le taxi nous dépose devant l’une des écoles du village de Tabant. Le panneau indique : “École Vivante”.

Nous sommes accueillis par Azizi, professeur de français et d’anglais, et Lucile, étudiante française en césure de trois mois au Maroc.

Tous deux nous dévoilent le « cœur » d’Haddou et de sa femme : leur volonté d’apporter, ici, au cœur des montagnes, une éducation différente et non violente.

Ici, on apprend la vie autrement : permaculture, langues (français, anglais, arabe, berbère, langue des signes), arts, bricolage, bienveillance.

L’école ouvre le monde aux enfants, de la maternelle au collège.

Bien que nous soyons en semaine, aucun bruit ne résonne dans les couloirs : nombreux sont ceux participent à la mise en place et à la tenue du village de course.

En cuisine, ça s’affaire à préparer les spécialités qui seront vendues aux coureurs et aux visiteurs.

Atlas Marathon

Nous repartons quelques heures plus tard avec le sentiment de mieux connaître notre hôte, et de comprendre cette volonté de nous faire vivre l’Atlas autrement.

Atlas Marathon

Atlas Marathon – Le village de course

Avec la team PÜLS (Coraly, Stéphane, Luc, Thomas), nous sommes déposés au pied de l’arche d’arrivée, celle qui nous accueillera, nous l’espérons, le lendemain.

Le site est décoré à la manière traditionnelle : tentes berbères, tapis et poufs au sol, musiciens, danseurs, artisans locaux…

Une immersion totale.

Les dossards sont distribués sur place, accompagnés d’un t-shirt aux couleurs du tourisme marocain et de la course.

L’ambiance est conviviale, on s’attable, on discute avec les coureurs venus récupérer leurs sésames.

Vers 15 h, surprise : on nous sert un couscous !

Un geste simple, mais qui illustre parfaitement la chaleur et la générosité de nos hôtes.

Nous quittons le site quelques heures plus tard, il est temps pour nous de rejoindre notre gite et préparer nos affaires pour le lendemain. 

Atlas Marathon

Atlas Marathon – La course

« Comment savoir si nous pouvons le faire si nous n’essayons pas ? »

C’est la phrase que je me répéterai en boucle pendant toute la course.

Avec Thomas, nous connaissons le trail long (50/70/100/177Km).

Mais cette fois, un facteur nous inquiète : l’altitude.

Les dix premiers kilomètres offrent une ascension de près de 1 900 m de dénivelé pour atteindre le point culminant de la course, sur le massif du M’goun à 3 500 m.

À 7 h 20, nous arrivons sur la zone de départ, nous sommes à 1 800 m d’altitude, au milieu des vergers, ici c’est le pays des pommes. Les techniciens terminent de monter l’arche. Le départ est prévu à 8 h.

L’ambiance est timide, mais les langues se délient peu à peu.

Les coureurs du 42 km partiront d’abord, suivis trente minutes plus tard par ceux du 27 km.

Le départ

À 8 h 25, c’est le grand départ. Dès les premiers mètres, mes jambes sont lourdes, le souffle court. Le ton est donné. Nous avons fait 500m et déjà deux coureurs abandonnent la course…

Du km 0 au km 4, la montée est constante mais relativement douce puis le parcours se corse.

Nous avançons en queue de peloton, devant nous ça ralentit sévère. Le vent se lève — et ne cessera plus. Le paysage devient minéral, sauvage, piquant.

Courir en sandales ne me dessert pas : je vois où je pose les pieds, j’anticipe, je me dis que mon choix des sandales de trail plutôt que les « Gravel » à été judicieux.

Au km 6,5, nous passons les 3 000 m d’altitude.

J’ai quelques vertiges, je ressens le besoin de m’arrêter régulièrement, mais le moral reste bon. Thomas, lui, souffre : vertiges, troubles de la vision, essoufflement. L’altitude ne lui réussit pas.

Au km 9,5, le danger est réel. Nous avançons avec le serre-file, un jeune du pays de 23 ans, solide et rassurant. Son aide est précieuse.  

Il nous faudra quatre heures pour atteindre le sommet et faire les 10 premiers kilomètres. Un temps inédit pour nous sur cette distance. Mais le panorama est incroyable et ça vaut tous les efforts. 

Au ravitaillement, Azizi est là. Il est monté la veille, avec les mules chargées avec tout le matériel pour accueillir les coureurs à temps le lendemain matin.

Thé, coca, fruits :  simple, efficace.

En discutant avec Thomas trois options s’offrent à nous : continuer sur le 42 km, mais nous sommes déjà hors délais, redescendre avec l’organisation sur le point de départ ou bifurquer sur la trace du 27 km pour terminer coûte que coûte.

Nous choisissons la troisième. Parce qu’on est venus pour vivre, pas pour abandonner.

Atlas Marathon

Descente vers la vallée

La descente apaise les corps et les esprits. Thomas retrouve un peu d’air. Nous poursuivons avec notre serre-file, Sohaybe.

Les échanges sont riches, sincères. Le trail, c’est aussi ça : les rencontres.

Vers le km 13, un coureur chute violemment. Sohaybe reste avec lui, pendant que nous continuons vers le check-point du km 15, accueillis comme depuis le départ, avec le sourire et bienveillance.

Peu après, nous croisons un troupeau de moutons décimé — sans comprendre pourquoi. Le contraste est brutal. Les montagnes ne font pas de cadeau.

Au km 20, nous quittons définitivement les 3000 mètres d’altitude. Nous avons mis 6 h 30 pour y arriver.

Plus bas, le sol devient rouge, l’air plus chaud. Les vergers réapparaissent ainsi que  les tuyaux d’irrigation  pour les cultures.

Nous retrouvons enfin nos poumons. Et nos jambes.

Atlas Marathon

Vers la finish line de l’Atlas Marathon

La montre affiche 27 km, on sait bien qu’en trail la distance annoncée et celle de fin n’est jamais la même, rien n’indique encore l’arrivée.

Puis, au détour d’une piste de sable rouge, les petits drapeaux blancs de la finish line se mettent à flotter au vent. Nous y sommes enfin. 

Après 8 h 45 de course, 29 km et 1 900 m de dénivelé, nous franchissons l’arche, émus, épuisés, heureux.

Accueillis chaleureusement, comme toujours ici.

Parce qu’on est dans la vallée heureuse. Et qu’elle porte bien son nom.

Une heure plus tard, il est déjà temps de quitter la vallée pour rejoindre Marrakech.

L’avion nous ramène à notre quotidien, mais une part de nous restera ici — là où les montagnes apprennent l’humilité.

What the Run – A l’intérieur de la course – Atlas Marathon


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